Picassomania, le mooc – séquence 5

Le cinquième épisode du mooc picasso est consacré au spectacle, à la fois la tauromachie et le cirque. Je n’ai pas d’appétence particulière pour l’un ou l’autre. Mais comme je l’ai montré les précédentes semaines, le mooc réserve des surprises et il est possible de développer son propre parcours, à partir des exercices proposés ou des échanges sur le forum.

Pour cette séquence, je me suis investie dans l’exercice intitulé ‘moins, c’est plus’. Picasso a réalisé un travail d’épure ou de stylisation d’un taureau (consulter ce travail ici). L’exercice nous demande de réaliser le même procédé sur un sujet de notre choix.

La puissance : point commun entre le taureau et le moustique

Le taureau a du sens pour Picasso qui s’y identifie. Cet animal lui parle, il y voit la puissance et la domination. Très certainement, le spectacle de la corrida offre une manière de maîtriser cet animal et donc de se prouver que l’homme est encore plus puissant, plus viril.

Sans surprise, ce n’est pas le genre de pouvoir basé sur la force, qui m’inspire. Alors je me suis dirigée vers un insecte, peut-être minuscule par rapport au taureau, mais qui apparaît plus puissant. Il véhicule des maladies telles que le paludisme, tuant chaque année plusieurs centaines de milliers de personnes dans le monde. Le moustique est un fléau mondial qui ne mobilise pas vraiment les foules car ses victimes, de l’Afrique subsaharienne pour la grande majorité, sont silencieuses, oubliées. Vivre en Martinique, c’est s’ouvrir à la problématique ‘moustique’ puisqu’il est omniprésent, les maladies qu’il transmet ici sont la dengue et le chik. Terrible moustique, si petit qu’on peut l’écraser. La femelle, piqueuse, est dangereuse et s’attaque à tous sans distinction.

Quand les détails s’effacent

L’avantage du choix du moustique, est que je n’avais pas de référence visuelle, de représentation connue de cet animal. Je partais donc d’une image d’un dépliant de prévention.

Alors j’ai réalisé ce même parcours d’un dessin détaillé puis vers une structure originelle qui permet de garder l’essentiel. J’ai travaillé aussi sur les couleurs, mais en les limitant.

J’ai changé le cadrage. Mais ça ne m’a pas convenu. J’ai réalisé que la trompe du moustique n’est pas le seul élément indispensable pour le reconnaître, ses pattes sont également nécessaires à l’équilibre de l’ensemble.

J’ai essayé plusieurs crayons. Naïvement, j’ai considéré qu’un trait plus épais me permettrait de trouver la solution plus aisément. Mais ce n’est pas le cas, alors retour aux crayons plus fins. Ce qui ne me convient pas non plus puisque les traits ne sont pas assez visibles par rapport à l’arrière plan imprimé du livre de poche.

Petit à petit, les traits se limitent. Il faut alors gagner en précision, jouer avec les espaces laissés vides (pour le corps et au niveau des articulations par exemple). Le droit à l’erreur et à la rectification se limitent.

Le temps de trouver le crayon qui soit le bon compromis en terme d’épaisseur et de couleur, et voilà le résultat. Ce moustique fait un clin d’œil facétieux au taureau de Picasso.

dessin moustique vert

Nota : Durant la rédaction de cet article, j’ai écrasé 3 moustiques. C’est la saison humide ici en Martinique.


Envie d’approfondir les thèmes abordés ici :

Au sujet des moustiques :

Au sujet du mooc Picasso :

Pour d’autres dessins sur livre de poche :

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