Fuyons la perspective…

J’ai tenté de réaliser une aquarelle représentant le hall d’un bâtiment. Et là, je me suis heurtée à un problème de fuite (pas une fuite d’eau, plutôt le point de fuite de la perspective). Le point de fuite dans une perspective, contrairement à ce que son nom indique, il faut le suivre et non le fuir. Je vais vous montrer en illustrant de mes essais pas très réussis à quel point il est essentiel pour que l’ensemble de la composition tienne debout. Je commence en dévoilant l’exemple le plus raté :

Perspective fausse. Les lignes de fuite (matérialisées en couleur) ne convergent pas, voire divergent complètement (ligne noire).
Perspective fausse.
Les lignes de fuite (matérialisées en couleur) ne convergent pas, voire divergent complètement (ligne noire).

Je n’en suis pas fière, c’est catastrophique. J’ai matérialisé les lignes de fuites, qui ne convergent bien, même si on peut dire qu’il y a un début de quelque chose.

Si on prolongeait les lignes du sol, on réaliserait qu’elles ne convergent pas du tout. Si on ajoute que les horizontales sont courbes, le constat est peu glorieux. La perspective est ratée, on n’a pas du tout le sentiment de profondeur. J’ai voulu reproduire le dessin sans m’inquiéter du point de fuite, mais cela n’était pas possible dans ce dessin. Je ne suis pas restée sur cet échec.

prespective presque reussie
Perspective inexacte.

L’aquarelle ne permet pas de corriger des erreurs aussi fondamentales. J’ai donc recommencé. Voici le deuxième essai. Il est un peu plus juste. Mais il reste imparfait. Il y a des lignes qui sont inexactes. Mais la convergence est plus exacte. Il reste encore du travail pour maîtriser l’exactitude de la perspective fuyante. Néanmoins, je trouve que déjà les progrès sont visibles.

Je n’ai pas osé suivre le point de fuite jusqu’au bout (et j’ai tort) parce que j’ai de [mauvais] réflexes : je dessine en pensant à ce que les choses sont, plutôt qu’en regardant comment elles sont. Par exemple, les lignes du sol sont parallèles, alors j’ai du mal à les faire converger. Pourtant, ces lignes ne sont parallèles que si on les regarde de dessus. Dans la vie, contrairement à ce que l’on pense, nos yeux ne voient pas tant de parallèles que cela : notre cerveau fait le travail de « redressage ». Idem pour les angles perpendiculaires.

Quand on dessine, il faut faire le travail à l’inverse, déconstruire le travail fait par le cerveau. Et ce n’est pas si simple.

Malgré les erreurs commises, je peux montrer un exemple plus réussi. Avec une perspective qui comporte deux lignes de fuite :

perspective juste 2 points

Notez que c’est le même bâtiment, vu de l’extérieur et non plus de l’intérieur.

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