Une vie de Vincent Van Gogh

La vie des maîtres de l’art m’intéresse car il me semble important de comprendre les conditions dans lesquelles les œuvres ont été crées, comment elles ont été perçues du public etc. J’ai lu récemment une biographie de Vincent Van Gogh
de David Sweetman, écrite en 1990.

Le livre est un moyen adéquat pour se plonger au coté de Vincent Van Gogh, le suivre dans son quotidien tout au long de sa vie.

Vincent Van Gogh est un artiste tellement connu qu’on a l’impression de tout savoir de lui : sa correspondance avec son frère Théo, sa vocation avortée dans la foi, l’oreille coupée pour Paul Gauguin, sa présumée folie, son suicide à Auvers-sur-Oise.  Le livre m’a permis de remettre à plat et de nuancer ces éléments.

Son frère Théo et sa famille

Enfants, Vincent et Théo Van Gogh, ont été proches. Ils le sont restés, ils ont échangé une correspondance importante tout au cours de leur vie.

Je pensais  Vincent représentait un fardeau pour son frère Théo qui le tenait à distance de sa vie. En réalité, leur relation et leur lien sont très forts, ils sont proches. Pour autant, ils ont chacun leur vie.

D’ailleurs, de manière globale, la famille Van Gogh ne l’a pas laissé tomber, à aucun moment, même face à ses difficultés à trouver une autonomie. Ils ont offert à Vincent des opportunités qu’il n’a pas suivies, ils ont accepté qu’il suive sa voie. Ils ont exprimé aussi leur désaccord parfois. Mais ils sont restés unis et aimants malgré leurs différends.

Vincent Van Gogh et la foi

Il a voulu être pasteur – à l’instar de son père – et a été très croyant. Dans sa quête spirituelle, la théorie l’intéressait peu, le séminaire l’a rebuté. Il souhaitait se rendre auprès des populations ouvrières, et à l’époque, il choisit le Borinage cité minière typique, située en Belgique. Il va partager le quotidien des mineurs et même descendre à la mine. Il est extrêmement pauvre à ce moment-là.

Son régime alimentaire est alors rudimentaire (pain, soupe). Il le restera la plupart de sa vie. Cet aspect de sa vie m’a fait penser à la rigueur alimentaire de Steve Jobs (dont j’ai également lu la biographie). A croire que ces deux personnalités hors du commun n’ont pas besoin des nourritures terrestres pour accomplir la haute mission qu’ils se sont imposée. [Non, non. Vous ne rêvez pas. Je suis en train de rapprocher Vincent Van Gogh et Steve Jobs au travers de leur alimentation. C’est pour voir si vous suivez. Et ça me permet d’introduire ce tableau peu connu de Vincent Van Gogh, représentant des pommes.]

Tableaux de pommes - Vincent Van Gogh

La folie de Vincent Van Gogh

Cette folie ne semble pas si flagrante quand on le suit au quotidien. Certes, il est un personnage à part. Il n’aime pas les conventions imposées par la société. Je le voyais isolé. En réalité, il rencontre de nombreux artistes lors de son séjour à Paris, il a pour ambition de créer une communauté d’artiste à Arles. Au cours de ses pérégrinations, il sympathise avec quelques locaux.

Il a des crises, où il perd sa lucidité. Et il est alors dangereux pour lui même. Ces crises peuvent durer plusieurs jours et il met du temps à s’en rétablir. Il fera plusieurs séjours dans des établissements psychiatriques. En résumé, il a un réel problème. Par contre, le livre ne l’enferme pas dans un diagnostic posé et irrévocable.

L’oreille coupée

A Arles, il se sent isolé. Paul Gauguin, à la recherche d’argent, descend en échange d’une petite rente versée par Théo. Vincent attends ce compagnon avec empressement et impatience. Il souhaite que tout se déroule parfaitement. Les jours qui précédent sont arrivés sont très intenses, on peut faire le parallèle avec l’attente de retrouvailles amoureuses. Mais les choses ne se passent pas comme espérées par Vincent Van Gogh qui voient son projet de créer une communauté d’artiste s’écrouler lorsque Paul Gauguin annonce qu’il part. C’est à ce moment que Vincent Van Gogh se mutile l’oreille et va l’offrir à une prostituée dont il est proche.

L’épisode de l’oreille coupée illustre les pertes de lucidité de Vincent, sa déconnection parfois avec la réalité, le danger qu’il peut être pour lui-même.

Le suicide

Le livre présente le suicide de Vincent Van Gogh comme les conséquences d’une crise qui aurait mal tourné. Il n’aurait pas souhaité se donner la mort et son dernier tableau ne serait pas, comme on le lit souvent, un testament. Cette période de sa vie à Auvers-sur-Oise semble plus agréable pour lui, il retrouve la proximité relative avec son frère qui vient d’avoir un petit garçon nommé Vincent.

Le récit de Sweetman laisse entendre que le médecin n’a pas pris la mesure de la gravité et de la faiblesse psychique de Vincent. Celui-ci se serait retrouvé seul au mauvais moment.

Le mystère Van Gogh

Le mystère Vincent Van Gogh perdure. Mais je retiens sa détermination dans la recherche de la lumière au travers de la couleur. Sa quête s’appuie sur des tableaux de maîtres plus ou moins connus maintenant. Il a su créer indépendamment des mouvements de l’époque, et notamment le mouvement impressionniste. Il a suivi un chemin sinueux jusqu’à la réalisation de la peinture, il s’est remis en question sans ménagement.

Sa personnalité est comme son œuvre, forte et unique.

Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *