Miss.Tic : le mystère qu’il ne faut pas taire

Dans les années 1980 alors que le street art est encore marginal et méconnu, Miss.Tic laisse sur les murs des messages et des portraits – de femmes principalement. Elle utilise la technique du pochoir à la bombe. Et depuis, elle continue dans la rue mais elle crée aussi sur des supports pérennes et commercialisables.

Les couleurs se limitent au rouge et au noir. Le rouge en arrière-plan se retrouve souvent recouvert du noir. Cet effet permet de souligner les motifs. Le noir se marie ainsi avec tous les environnements de la rue. Il produit un jeu d’ombres chinoises.

Notre regard de passant est attiré par les femmes de Miss.Tic. Après lecture de la formule, on continue à méditer et à jouer avec les multiples sens cachés. 

Une femme attirante

La femme qui nous parle est provocante. Leur physique contraste avec la force du message. Le décalage entre la représentation de la femme, proche des stéréotypes féminins des magazines, et son discours parfois cinglant interpelle et nous questionne. Cette femme qui nous accoste n’est pas seulement un physique, elle ose nous interroger. Elle sort de son rôle de femme-objet pour montrer qu’elle pense et se rebelle de ce rôle qu’on lui affecte à tort.

Ces femmes brouillent donc les conventions. Elles sont multiples : amoureuses, revendicatrices, charmeuses, engagées, légères, furieuses…

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Des formules poétiques

Miss.Tic parvient à transmettre un message poétique, drôle, parfois sarcastique. Les calembours sont percutants. L’humour est forcément présent, il est raffiné, il se savoure en déclinant la polysémie des termes employés.

Elle s’engage politiquement et se définit comme humaniste. Inutile de se demander si Miss.Tic est féministe. Cela paraît une évidence. Déjà parce qu’elle donne la parole à des belles femmes, alors que la société estime souvent que leur physique suffit et qu’elles n’ont pas à exprimer d’idée. Et pourquoi sinon écrirait-elle ‘Le masculin l’emporte, mais où?‘, ‘Je dis faire, tu diffères‘ ou bien d’autres encore ?

Dans cette vidéo d’Artnet, elle décrypte sa poésie et revient sur son parcours :

Je vous propose pour conclure de réfléchir sur la formule suivante :

‘ Je joue oui ‘

Je trouve la formule très riche. Le plaisir féminin au travers de la phrase homophone ‘je jouis’ est  revendiqué et assumé. Il est renforcé par le ‘oui’ qui confirme l’affirmation. En outre, le verbe ‘jouer’ peut revêtir plusieurs sens : s’agit-il de jouer la comédie ou bien de s’amuser ? Chacun interprétera comme il l’entend. Mais surtout et dans tous les cas, elle joue avec les mots et c’est un délice.


Pour voir d’autres œuvres de Miss.Tic, je vous oriente vers son site officiel.

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