Rencontre avec William Chevillon

Lorsque j’ai présenté la profession de médiateur culturel, je vous ai parlé de William Chevillon. Pour mon plus grand plaisir, il a accepté de répondre à mes questions. Je vous laisse découvrir l’ensemble. Et si vous cherchez quelqu’un capable d’enthousiasmer un public sur un sujet d’histoire ou d’art, rencontrez-le, il vous convaincra sûrement.

Comme  énormément de références à des artistes et à des lieux sont citées, et comme je ne les maîtrisais pas moi-même, j’ai mis des liens vers les sites, n’hésitez pas à cliquer si vous voulez en savoir plus.

L’art dans la vie

[Elize] Comment t’es-tu lancé dans des études d’histoire de l’art ? Quel a été le déclencheur (une visite, une œuvre particulière)? Comment / quand as-tu décidé d’être médiateur artistique ?

[William] L’honnêteté me pousse à répondre que je n’ai pas fait d’études en Histoire de l’art. M’est-il possible de parler d’un déclic, je ne sais pas. Mes premiers souvenirs artistiques sont une exposition de Philippe Cognée en 2001 au Musée de l’abbaye Sainte-Croix des Sables-d’Olonne mais aussi l’escalier monumental et certaines salles aux murs rouges du Musée des Beaux-Arts de Nantes. Dans ces deux cas, il s’agissait de visites avec l’école. Avec mes parents, mon frère et ma sœur, nous nous promenions souvent en campagne et parfois dans une abbaye, un château… Il me semble que cette ouverture à la curiosité a posé les bases de ce qui est devenu un engagement au-delà d’une passion. Dans cette progression artistique, j’ajoute quelques villes d’Italie visitées quand j’étais collégien et lycéen. Ces voyages ont été une chance et m’ont profondément structuré. D’ailleurs, le choc pictural et spirituel dans la chapelle Scrovegni peinte par Giotto m’habite encore.

La curiosité et la médiation se sont imposées assez tôt. J’ai pris ma carte de lecteur aux archives départementales à 13 ou 14 ans et je n’ai cessé de rechercher, prospecter… Il me fallait aller contre ma timidité et mon manque de confiance, cela est passé par le partage de la connaissance mais aussi

la volonté de rendre accessibles des émotions artistiques parfois imperceptibles.

[E] L’idée que tu en avais et le résultat actuel sont-ils en cohérence ? En quoi diffèrent-ils ?

[W] Je ne pense pas que j’avais une idée du métier, je ne savais pas trop quoi faire mais j’avais remarqué que j’étais capable de transmettre. La considération du travail est parfois fatigante dans le sens ou certains commanditaires de visites ne mesurent pas le temps de recherches, prospections… avant une visite. Certains ont joué sur mon manque de confiance faisant miroiter une indemnité, un salaire… Désormais je parviens mieux à me défendre.
Globalement je suis assez satisfait de ce travail de médiation. Quand le public ressort en ayant compris ce que j’ai voulu dire, cela me suffit. J’essaye au maximum de renouveler mon travail en permanence. Cela est nécessaire pour qu’un dialogue se crée et que l’adaptation à chaque public soit réussie.

Ça commence bien ces #JEP2015 🙂 #LRSY #Vendée #LaRochesurYon #journéesdupatrimoine

A photo posted by William Chevillon (@chevillonw) on

[E] Réalises-tu toi-même des créations artistiques? J’ai vu que tu prenais des photos et en parallèle tu t’intéresses, entre autres choses, à la photo contemporaine. Envisages-tu par exemple une activité artistique par toi?

[W] Je fais un peu d’aquarelle, de dessin et de photo. Ce que je dessine et peins, je le garde pour moi. La photographie me sert principalement à inscrire le souvenir des lieux visités, à pouvoir travailler éventuellement… Il m’arrive de tenter de capter un ressenti, une sensation… J’aimerais progresser sur cette voie, non pour être artiste (dans l’état actuel des choses je ne me vois pas en avoir l’étoffe) mais simplement pour trouver un contentement personnel.

#solitudedupavé

A photo posted by William Chevillon (@chevillonw) on

J’aime beaucoup la photographie contemporaine, domaine qu’il m’est arrivé de présenter au public. Un des souvenirs principaux est d’ailleurs une visite à deux voix avec Philippe Ramette. Les œuvres de Claude Pauquet, Jacqueline Salmon ou Alexander Gronsky signifient beaucoup pour moi. Je m’intéresse également aux productions issues de la mission photographique de la DATAR et, avant dans le temps, à la section photographique de la Farm Security Administration après la crise de 1929.

Il y a de nombreux domaines artistiques qui m’intéressent en dehors de la photographie, je pense par exemple à l’art dans l’espace public qui est l’objet de nombreux travaux que j’effectue depuis 2009.

La communication

[E] Le blog te permet de communiquer au-delà de tes seuls projets, il reflète ta personnalité. Comment cela est-il perçu par les personnes qui ne te connaissent pas personnellement ?

[W] La question du blog a été un peu confuse il y a quelques années elle est désormais structurée en plusieurs entités : Un blog de traitement de sujets de fond, un blog de valorisation personnelle et un blog sur la photographie contemporaine que j’essaye d’alimenter. Les retours sont assez positifs mais il faut être clair sur une chose, la communication numérique est le reflet d’une partie de la personnalité. L’omission de certaines choses est nécessaire tout comme la prise de recul de celui qui est face au contenu. En tout cas, je suis sincère avec moi-même, donc avec autrui, dans ce que j’exprime numériquement. Par-delà la « vitrine personnelle » que peut être le blog ou les réseaux sociaux, il y a

cette volonté de proposer un développement plus léger que la médiation en public mais invitant tout autant à la curiosité, la contemplation ou la découverte.

[E] Ton pigment préféré ?

[W] C’est une question difficile. En aquarelle j’aime beaucoup des nuances comme le vert de vessie et le gris de Payne mais le jaune de Naples a mes faveurs de manière incontestable pour sa chaleur, les façades qu’il habille et la lumière qu’il donne à la peinture.

#Autumn #Leaves #Feuilles #Automne

A photo posted by William Chevillon (@chevillonw) on


Pour relire l’article sur les médiateurs culturels, c’est ici.

Pour retrouver William sur Internet, vous avez le choix :

Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *