Rencontre avec Cynthia Dormeyer

Cynthia Dormeyer a accepté mon invitation de se voir sur Skype. Cette rencontre tombe à pic : elle vient justement d’installer ce logiciel (il n’est jamais trop tard, et je ne me moque pas car je suis aussi réfractaire à certains logiciels).

Petit flottement pour le lancement et pour se transmettre des fichiers, mais tout se met en place progressivement. Même les chats y ont compris leur intérêt : l’attention de leur maîtresse est captée par la conversation sur l’ordinateur, ils peuvent faire leurs bêtises impunément.

Pour cette rencontre, l’ambiance est conviviale ; le dialogue, libre et ouvert. Cynthia me raconte comment elle s’est lancée dans l’art et son expérience actuelle du street art.

Comment Cynthia Dormeyer a commencé la peinture

Au cours de ses études d’infographie, Cynthia a découvert le projet d’architecture suivant :

architecture chrysalide arbre

Cette construction des architectes Pacific Environnement est un véritable ‘coup de coeur‘. Pour réaliser un flyer fictif, elle décide d’opter pour la peinture : c’est la révélation. Autour d’elle, ces amis apprécient sa peinture et lui demandent de la reproduire.

Face à l’enthousiasme général, elle réalise plusieurs tableaux dans le même style. Progressivement, la peinture a pris de plus en plus de place et l’a conduite à exposer.

Après ses études, elle choisit de travailler en indépendant (ou freelance), choix qui lui permet de concilier l’infographie et la peinture.

Comme elle le dit, ‘il n’est pas toujours évident de trouver du temps‘ pour peindre. Puis elle ajoute qu’elle ‘y parvient toujours, plus ou moins suivant les périodes‘.

cynthia dormeyer peinture cocon

Elle peint suivant 3 méthodes qu’elle définit ainsi :

  1. Picturale. Une technique mixte où elle utilise ‘ce qu’elle a sous la main‘ : encre, feutre, peinture acrylique, bombe, pastel etc.
  2. Numérique. Cette méthode est la plus proche de l’infographie. A l’aide d’une palette numérique, elle réalise des œuvres sur fichier qu’elle fait ensuite imprimer sur toile ou sur plexiglas.
  3. La combinaison des deux. Après avoir mis le numérique sur support, elle le travaille à la peinture ou autre. Elle réalise cette technique moins souvent, notamment à cause de son coût.

Depuis peu, elle déploie son art au public en mode ‘street art’.

Cynthia Dormeyer et le street art

Cynthia se demande ‘comment elle peut se rendre utile auprès de la société. Avec ses compétences. Comment donner le sourire aux gens.‘ Alors, elle propose ‘un contact par ses peintures‘.

Elle souhaite apporter ‘un équilibre entre le négatif – que nous recevons quotidiennement aux infos – et le positif – qu’elle transmet avec l’art, et les couleurs -, en dépassant la limite des gens qui s’intéressent à l’art spontanément’. Elle y voit une ‘dimension sociale‘.

affiche street art cynthia dormeyer

L’idée a pris forme quand, dans le cadre de son travail, elle aide à coller des affiches. Cela lui a permis de sauter le pas.

Pas question néanmoins de se mettre hors la loi. Elle choisit la voie du street art légal. Elle utilise les espaces autorisés, à savoir les panneaux d’affichage public. Mais elle obtient aussi l’autorisation auprès de sa mairie de peindre quelques murs et poteaux.

Au début, elle n’assume pas complètement et signe d’un seul ‘C.’, alors qu’elle appose sur les autres œuvres ses prénom et nom. Finalement cette initiale devient sa signature sur ces autres travaux et sur son site internet.

Je me suis rendue compte que j’étais fière.

Elle a des retours très positifs sur les réseaux sociaux et dans la presse. En outre, elle rencontre des personnes enthousiastes alors qu’elle installe ses créations dans la rue. Elle envisage même de laisser des ‘bulles’ à compléter par les passants sur des prochaines affiches pour créer un réel dialogue.

Elle ne se cache pas pour créer : cet instant se passe en plein jour, en musique. Les avis des personnes rencontrées nourrissent son travail.

Pour l’instant, elle crée dans la ville de Vouziers, dans les Ardennes. Mais pour la suite, elle s’imagine élargir son champ d’action. Elle l’a d’ailleurs montré en déposant une affiche à Bordeaux cette semaine.

Son pigment préféré ?

Après un moment d’hésitation à l’énoncé de la question, Cynthia choisit le rose fluo et le violet pourpre. Elle a également un attachement au vert citron qui rehausse ces deux couleurs.

Cette question devait être la dernière, elle a un emploi du temps serré ce jour-là. Et puis finalement, nous prenons le temps d’échanger sur les couleurs fluo et phosphorescentes.  Il faut avouer qu’elle est bavarde… Mais on l’écoute avec plaisir car la sincérité l’anime.


Pour découvrir tout l’univers de Cynthia Dormeyer :

Le sujet du street-art légal a fait l’objet d’une série de 3 articles sur PiGMENTROPiE, à (re)lire à partir du dernier.

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