Lire Kandinsky

Vassily Kandinsky est un de mes artistes préférés : cette liste est longue mais il est dans le top 10.

Peinture de Kandinsky (extrait du site du centre Pompidou)

Pour moi, il est l’un des fondateurs de l’abstraction (même si cette paternité n’est pas exclusive. Plus de détails sur le site du centre Pompidou). Une chose est certaine, il a apporté au mouvement une théorie dans son essai « Du spirituel dans l’art ». La lecture de cet essai me semblait donc un passage initiatique obligatoire. Je ne vais pas en faire un résumé complet. Juste répondre à la question : Qu’en ai-je retenu?

Le parallèle entre la musique et la peinture

Kandinsky effectue un parallèle entre la musique (l’art du temps et de l’éphémère) et la peinture (l’art de l’espace). La musique serait l’art abstrait par essence puisqu’il ne cherche pas à recopier la nature mais a décliné son propre langage. Selon lui, la peinture serait donc en retard dans le domaine de l’abstraction puisqu’elle se contenterait de reproduire la nature.

Il utilise de nombreux parallèles entre les deux arts, montre un langage commun (les tonalités, les notes, la composition, etc). Il nomme bon nombre de ces peintures « composition » suivies d’un numéro.

La théorie des couleurs

Kandinsky présente les couleurs comme ayant leur autonomie, leur force propre universellement partagée. Les combinaisons produites créeraient donc un dialogue, des sensations. Voyons un peu sa théorie des couleurs.

Pour décrire ce qu’est une couleur, il indique que nous avons cette définition en nous. Fermez les yeux, pensez à la couleur verte. Vous en aurez une image précise. Cette vision sera la valeur commune à tous les verts que vous avez vus :  des verts très foncés, presque bleutés jusqu’au très clairs ou très vifs. Cette définition de la couleur me parle, elle est simple et pourtant efficace.

Kandinsky définit les couleurs par couple, se répondant :

  • Pour commencer le bleu et le jaune. Le bleu évoque le froid, l’infini, l’immensité, le divin ; le jaune pour la chaleur, la violence, il a un mouvement concentrique donc qui rapproche.
  •  En mélangeant les deux premières couleurs, il obtient le vert à qui il attribue le calme, l’immobilité. Et par opposition vient le rouge, qui appelle à la colère, au mouvement. C’est une couleur très forte.
  • Ayant introduit le rouge, il l’ajoute à chaque couleur du premier couple et obtient alors le violet (qui devient ‘un rouge refroidit par le bleu’) et l’orange (qui forme un intermédiaire pour nous rapprocher du rouge ).
  • Le blanc est introduit comme « modificateur de couleur » et le noir est « un néant sans possible ». Des deux nait le gris. Quand il évoque le gris, on reconnaît facilement les usages des peintres jouant avec les gris pour modifier la valeur de leur couleur.

J’adore cette théorie.D’ailleurs, dans mon cas, c’est ainsi que je dompte les couleurs les unes après les autres, depuis que j’ai commencé à peindre à l’acrylique. Les dominantes de mes premiers tableaux étaient bleutées, avec des touches de jaunes. Des amis m’ont demandé des tableaux dans les tons orange et violet. Il a alors fallu que je m’approprie ces couleurs ce qui n’a pas été sans peine. Un jour, je me lancerai dans le vert et le rouge, ou le blanc et noir.

L’avance des artistes sur l’ensemble de la société

Kandinsky a une haute estime des artistes. Il les considère comme en avance dans la compréhension du monde, par rapport à la société. L’artiste serait incompris dans ses théories, puis rejoint progressivement par les intellectuels, puis progressivement les courants seraient intégrés par la société, qui les reproduiraient en nombre. Il émet également un classement des artistes, considérant en premier lieu les avant-gardistes, méprisant les « suiveurs ».

Je ne suis personnellement pas d’accord avec cette théorie dans sa globalité. L’orgueil des artistes ne peut se justifier par une supériorité sur les autres. Ils doivent aussi intégrer un devoir de transmission et d’explication, voire de vulgarisation.

En conclusion

Le livre n’est pas simple à aborder, car le niveau est assez théorique. Certains passages peuvent être longs. Mais l’ensemble est extrêmement riche. Je relirai certaines parties comme celle concernant les couleurs; qui reste pour moi l’intérêt majeur du livre.

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