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Reproduire, pour mieux se démarquer

Mes essais de perspective ont attiré l’attention de mes deux filles. A moins qu’elles ne se soient dit qu’elles auraient plus de chances de se retrouver avec un pinceau dans les mains sur ce thème, plutôt qu’à reproduire une princesse. Elles n’ont pas eu tort.

A leur demande, je leur ai dessiné la perspective de la rue (chacune la leur, identique), et elles les ont peint à l’aquarelle. On pourrait s’imaginer que les résultats soient similaires. Mais en réalité, ils sont le reflet de leur personnalité.

Partons du départ, je vous rappelle l’aquarelle que j’avais faite :

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Les filles ont utilisé de la peinture pour enfants, des “pastilles” en forme de palette. Par contre, elles avaient mes pinceaux.

Une fleur pour l’une

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Dans l’aquarelle d’Aurore, six ans, les couleurs sont vives. J’ai été surprise par certaines réalisations :

  • pour le soleil : elle a peint le ciel en réservant l’emplacement du soleil, qu’elle a donc fait dans un second temps. Ca aurait été plus simple de faire d’abord le soleil, mais elle a bien anticipé la place que le soleil allait occuper.
  • Un essai de mélange-fusion de couleurs sur une partie de la route en rose et jaune.
  • Elle a bien attendu que la peinture soit sèche autour avant de peindre les voitures bleue et verte, pour que les couleurs ne fusent pas.
  • Le premier plan est maintenant champêtre, avec des brins d’herbe et une fleur.

 

 Du jaune pour l’autre

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Dans l’aquarelle de Manon, trois ans, on a plutôt une impression d’œuvre abstraite. Le bâtiment n’est plus qu’un lointain songe. Cette peinture présente aussi des éléments intéressants, relativement à son âge :

  • Les couleurs sont complètement dissociées de la réalité. Elle a fait ses choix suivant ses envies.
  • Le sol et le ciel sont d’un jaune, orangé. C’est la couleur qu’elle affectionne en ce moment. Elle serait capable de faire un monochrome complet. Sans démarcation entre le sol et le ciel, on a l’impression que le bâtiment (si on accepte de le voir) flotte.
  • L’ensemble de la feuille a été remplie, et, je trouve que c’est déjà un bel effort et ça demande une certaine concentration.

 

Copier n’est pas tricher

Copier ou s’inspirer de l’œuvre d’autres ne diminue pas le processus créatif de l’artiste. Il n’existe pas de personne isolée du monde extérieur qui pourrait créer ex nihilo. Nous sommes confrontés au monde, et il nous donne des idées (dans une volonté de reproduire ou au contraire de se détacher).

Reprenons depuis le départ sur l’origine de ces aquarelles : un architecte a créé un bâtiment, un photographe l’a pris en photo, j’ai fait une aquarelle à partir de cette photo sans en respecter le cadrage, les enfants ont réalisé leur aquarelle en tout liberté. Elles n’ont d’ailleurs pas vraiment essayé de reproduire ni la photo ni mon aquarelle.

En voyant les 3 peintures mises côte à côte dans cet ordre, on pourrait penser qu’il y a une évolution vers l’abstraction. Pourtant les deux peintures des enfants ont été faites simultanément. Attention donc aux interprétations faciles d’évolution.

 

 

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