Street-art légal (2/3) : l’upcyclage

Continuons la série de notre street-art légal. Les premières idées que j’ai présentées reposaient sur le street art ‘officiel’ et les nouvelles technologies. Pour ces deux cas, la difficulté de mise en œuvre est réelle.

Aujourd’hui, ma sélection prend les exemples des artistes Lor-K et Ben Wilson dont les supports de création se composent d’objets rejetés dans la rue. Ces indésirables sont upcyclés. L’upcyclage ou upcycling c’est le niveau ultime du recyclage. En effet, lors du REcyclage, un déchet a une seconde vie à l’identique de la première. L’idée de l’UPcyclage, est d’offrir une perspective ‘meilleure’ à l’objet, c’est une notion très subjective je l’accorde.

Mon histoire d’upcyclage a ses limites malgré tout. Les déchets, mêmes transformés en art, terminent souvent à la déchetterie ou au fond d’une poubelle. Le street art est éphémère car il ne garantit pas la protection des œuvres. Il serait compliqué de circuler dans certains quartiers très ‘street arté’ si des cordons de sécurité étaient positionnés comme dans les musées. En effet, pour ne pas dégrader l’art, il ne faut pas le toucher. 

Parmi les deux artistes choisis, Lor-K utilise les encombrants déposés dans la rue, et Ben Wilson peint sur des chewing-gums. Ces objets ne leur appartiennent pas. Ils utilisent les déchets déposés par d’autres. Ces matériaux n’ont pas de légitimité dans la rue, alors ils peuvent les modifier et jouer avec.

Jouer avec les encombrants comme Lor-K

Les déchets encombrants se retrouvent souvent sur nos trottoirs. Ils attendent d’être récupérés par les services de la ville. La street-artiste Lor-K les propulse en œuvre d’art. Elle les peint, réalise des aménagements à partir de ce qu’elle trouve dans la rue. Elle fonctionne sous forme de projets. Je vous laisse les découvrir sur son site. Sa thématique principale dénonce la société de consommation, qui nous conduit à jeter les objets aussi vite que nous les achetons.

lor-k caddie couleur consommation

Si tu suis ses comptes FB ou Twitter, tu verras les projets se construire. Par exemple, en ce moment, elle travaille sur le projet [bienvenue] ‘Dans ce monde’ et elle nous emmène voyager à la recherche de son objectif (je vous laisse découvrir en cliquant sur le lien). Dans le contexte de migration mondiale actuelle, son travail résonne avec l’actualité.

DANS-CE-MONDE-LORK

Sur des chewing-gums comme Ben Wilson

Ben Wilson peint dans la rue, sur des déchets pas très imposants puisque ce sont des chewing-gums. Son dégoût pour ces petites choses négligemment jetées dans la rue l’a poussé à les embellir.

chewing gum art ben wilson

Avec plus de 10 000 œuvres sur Londres, il connaît maintenant une certaine notoriété. Et il a gagné un procès qui lui était intenté pour dégradation du domaine public, sous le motif qu’il n’intervenait pas sur le domaine public directement (et aussi grâce à une forte mobilisation de ses admirateurs).

Est-ce reproductible dans mon cas ?

Ces idées sont astucieuses. Le message que ces œuvres transmettent est également très bien choisi. L’esthétique qu’il en ressort est appropriée : parfois sympathique, parfois dégoûtant. Ces installations ne laissent pas indifférentes.

Dans les deux cas, l’intervention sur place est assez longue. Elle suscite directement les réactions des passants. Je ne me vois pas du tout dans cette posture pour un coup d’essai dans la rue.

La prochaine fois, nous continuons à explorer d’autres techniques légales d’art urbain.


 

Tous les liens pour continuer à se renseigner :

Au sujet de Lor-K :

Au sujet de Ben Wilson :

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