Le fauvisme ou la rage des couleurs

Le fauvisme est un courant artistique, à l’instar de l’impressionnisme ou du cubisme.

Pour cerner le sujet, je cite un extrait du site histoiredelart.net sur ce mouvement :

« La peinture fauve s’attache particulièrement au travail de la couleur.

Les œuvres sont facilement reconnaissables par l’emploi sur de larges surfaces de couleurs aux teintes éclatantes.

Les images figuratives tendent, par la simplification des formes, à une certaine ébauche d’abstraction. »

Le mouvement est une exploration picturale se situant à une période de bouleversements successifs dans la peinture, au tout début du 20ème siècle. Afin de l’illustrer, je propose de regarder un tableau de Marthe Guillain. Cette peinture n’est pas la plus connue du fauvisme, elle en est néanmoins représentative.

La couleur qui pique les yeux

Avant toute chose, pour se mettre dans l’ambiance, une recherche d’images donne la tendance du mouvement :

Recherche 'fauvisme' (sur qwant images)
Recherche ‘fauvisme’ (sur qwant images)

La couleur est utilisée sans compromis, avec force. Le réalisme n’est pas recherché : les arbres sont bleus, les étendues d’eau sont vertes, les visages sont parés de couleurs vives bien loin de la gamme chromatique des beiges.

Le mouvement du fauvisme arrive en opposition aux notes suaves et modérées de l’impressionnisme.

Marthe Guillain, artiste fauve

Maintenant, attardons-nous sur Marthe Guillain, une artiste belge du 20ème siècle, qui a débuté sa carrière au travers de ce mouvement.

Cette artiste est plus connue pour ses aquarelles, mais cet exemple nous montre que les artistes explorent différentes techniques et les courants au fil du temps et de leurs rencontres.

Marthe Guillain - Auberge tableau fauvisme couleur vive
Marthe Guillain – Auberge

Les couleurs sont particulièrement vives : le bâtiment en orange, le sol du trottoir jaune. Le ciel bleu pâle et la rue sont les principales notes qui adoucissent la composition. Le feuillage des arbres est présenté en vert, jaune, rouge et bleu. Toutes ces teintes sont juxtaposées les unes à côté des autres. Pour faire simple : nous sommes en pleine overdose de couleurs.

Les ombres sont représentées en bleu : il y a très peu de places pour les couleurs neutres telles que les beiges ou les marrons. Pour l’intérieur du bâtiment, il n’y a pas à la demi-mesure : noir et sans nuance.

Les formes sont géométriques et nettes. Des cernes délimitent les formes : l’arête du toit par exemple est très nette. Chaque zone laisse place à de larges aplats.

Le fauvisme maintenant

« Le fauvisme, dira Matisse, est venu du fait que nous nous placions tout à fait loin des couleurs d’imitation et qu’avec les couleurs pures nous obtenions des réactions plus fortes. »

Avec ce courant artistique, la couleur a pris toute sa place dans la peinture. La voie s’ouvre vers les représentations de ‘la couleur pour la couleur’ comme les abstractions très vives d’Yves Klein ou Mark Rothko.

Mais cela ne s’arrête pas là. Le chapitre du fauvisme est-il clos ? Rien n’est moins sûr.

Pense à mes tableaux. Ces notions s’appliquent à une grande partie de mon travail.

  • La couleur utilisée avec force, jusqu’à saturation, sur de larges zones.
  • Les couleurs éloignées de la réalité.
  • Les sujets figuratifs sont un prétexte à un motif, mais le réalisme parfait n’est pas recherché.  D’ailleurs, j’oscille entre représentations figuratives et abstraites sans a priori.

En conclusion, mes peintures sont gorgées de couleurs vives et pourraient -presque- rejoindre le fauvisme.

Se définir comme artiste fauve aujourd’hui a-t-il un sens ?

Les artistes d’aujourd’hui s’inscrivent dans un mouvement artistique, qu’il soit revendiqué ou pas. Il n’est pas question d’entrer dans une case qui sera bien vite trop étroite et trop contraignante. Mais il importe de connaître et d’identifier les influences du passé sur son propre travail.


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