Egalité, fraternité, parité pigmentée

J’ai passé la semaine dernière, la barre, modeste mais symbolique, des 100 billets publiés sur pigmentropie.

Il est donc temps de réaliser un premier bilan. Ce bilan n’est pas dédié à l’art, mais à un thème qui me tient néanmoins à cœur, l’égalité hommes-femmes. Je ne l’ai pas caché dès le départ, puisque je me suis présentée comme féministe : autrement dit, je considère qu’hommes et femmes sont égales et qu’à ce titre, elles doivent être traitées à égalité : mêmes droits mêmes devoirs, mêmes compétences et mêmes incompétences. Et les différences qu’on accorde à l’un ou l’autre des genres sont, dans leur grande majorité, sociétales, inculquées et véhiculées le plus souvent à notre insu. Je vous ai déjà parlé de la plasticité cérébrale et de ce que ça implique, je ne vais pas me répéter.

Aujourd’hui, je me lance dans un exercice périlleux : regarder si, sur pigmentropie, je respecte la parité. Alors, sortez vos calculatrices, c’est parti.

La parité sur pigmentropie

Je vais commencer par compter les personnes vivantes à qui j’ai consacré un article entier :

Nous sommes donc à une représentation de 47% pour les femmes et 35% pour les hommes. Je me rassure avec ce chiffre, mais je ne me félicite pas car la suite n’est pas aussi glorieuse…

J’ajoute maintenant les personnalités qui ne nous sont plus contemporaines et sur lesquelles j’ai consacré un article entier :

La représentation des femmes passe à 33% et celle des hommes à 56%.

Et si on ajoute les citations ou évocations (personnes contemporaines ou non), c’est-à-dire des références qui me servent à illustrer mes propos, donner des exemples pour développer mes idées :

J’ose à peine donner les pourcentages, la liste parle d’elle-même. Sur 59 personnes citées sur le site, les femmes sont représentées à 24% et les hommes à 71%.

Est-il nécessaire que je me justifie? Que je justifie que l’histoire de l’art est tournée vers les  hommes-artistes et que j’en suis imprégnée…

Ce bilan me sert de leçon et je vais faire preuve de vigilance pour la suite. Il ne tient qu’à moi de changer mes références. Je vais donc m’intéresser à des femmes illustres dans le domaine pour en faire des références, les faire connaître en les citant. Petit à petit, elles nous seront toutes aussi familières que leurs homologues masculins.

Les nouvelles news

Ce biais qui consiste à citer et présenter plus d’hommes que de femmes, se retrouve dans notre vie quotidienne. Il existe des alternatives pour que les personnes soient traitées à égalité quelles que soient leur sexe.

logo nouvelles NewsSur le site d’information Les Nouvelles NEWS, les femmes occupent plus de la moitié de l’espace rédactionnel, hors des clichés rebattus. Le site parle ‘des sujets auxquels les autres médias n’accordent que peu d’attention, les injonctions sur la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale reçue au quotidien par les femmes.’

Les Nouvelles NEWS proposent ‘l’info qui fait reculer les stéréotypes en dénonçant la pub sexiste et luttent contre l’invisibilisation et la sous-représentation des femmes dans la sphère publique’.  [les parties en italique sont extraites de leur communication]

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Je vous invite à :

wellwellwell grammaireNota : Vous aurez peut-être noté des accords qui ne respectent pas la règle grammaticale « le masculin l’emporte sur le féminin ». Effectivement, j’ai essayé d’appliquer dans cet article la règle de proximité, règle grammaticale en vigueur jusqu’au 17ème siècle.  Le mook Well Well Well nous propose ce précis de grammaire égalitaire.

 

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4 Comments

  1. C’est super intéressant comme bilan! comme quoi, dur dur la parité! C’est évidement difficile de trouver des artistes femmes non contemporaines. Il y en a mais elles sont moins médiatisées.
    « less than 5% of the artists in the Modern Art sections are women, but 85% of the nudes are female » (Guerrilla girls)
    tout est dit!

    Merci pour le guide de la communication!

    • Je ne pense pas qu’il soit difficile de trouver des artistes femmes dans le passé : l’exposition Elisabeth Louise Vigée Le Brun au grand palais montre qu’elles existent. On peut citer également Niki de Saint Phalle, Camille Claudel, Berthe Morisot, Louise Bourgeois et bien d’autres, ce sont celles qui me viennent à l’esprit. Tout un programme, à venir…

  2. Très bon article ! Cependant je vous ferais une remarque que j’ai également adressée à la rédactrice du « Bureau d’Aspasie », médiéviste qui traitait du même sujet de l’invisibilité des femmes dans l’Histoire. En effet, je prépare actuellement une conférence théâtralisée sur le thème « un homme sur deux est une femme ». Et ce qui me frappe – j’en viens à ma remarque – c’est que ni l’auteure de ce blog, ni vous même ne signez votre article par votre nom ! Je comprends que vous vous présentiez dans votre vie d’artiste comme « Elize », mais ce recours à un pseudonyme vous anonymise au profit de votre œuvre. Et de nombreuses femmes agissent comme vous. Du coup elles sont invisibles dans ce témoin de l’histoire de notre siècle qu’est Internet ! Attention, ceci n’est pas un réquisitoire. J’ai agis de même dans ma vie professionnelle, jusqu’à ce que , à la faveur de l’écriture d’un livre sur ma pratique professionnelle, je me rende compte, effarée, à quel point je me suis effacée … Voilà. Continuez bien ! Je prendrai de vos nouvelles de temps en temps, pour ne pas vous oublier. Amicalement, Isabelle Augier-Jeannin.

    • Effectivement, je ne suis pas le meilleur exemple et je n’applique pas tout ce qui permettrait de rendre les femmes plus visibles. J’ai initié une démarche, mais effectivement, je ne vais pas forcément jusqu’au bout des choses. Un pas après l’autre :-).
      Merci pour votre contribution.

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